Merci d'ouvrir le sujet. Avant les pourcentages, trois questions déplacent la réponse.
L'horizon, mesuré en durée de récupération plutôt qu'en durée d'épargne. Ce qui compte n'est pas le nombre d'années devant soi, mais le temps qu'un épisode baissier peut mettre à revenir à son point de départ. Un repère, pour une poche en actions internationales : sur le MSCI World en euros, dividendes réinvestis, le pire épisode a duré 13 ans et 6 mois, d'août 2000 à février 2014, avec un point bas à -55,7 %. Ce n'est pas un argument contre les unités de compte : c'est l'ordre de grandeur à mettre en face d'une échéance datée.
Ce que l'on détient par ailleurs. L'épargne disponible ailleurs, l'immobilier, la stabilité des revenus font partie de la même poche de sécurité. Deux contrats répartis à l'identique peuvent correspondre à deux situations opposées.
La capacité à tenir la répartition quand le relevé baisse. L'arbitrage oppose aussi l'allocation qui paraît optimale sur le papier et celle que l'on conserve réellement.
Un point de lecture fausse beaucoup de comparaisons. Le taux annoncé d'un fonds en euros peut déjà être net des frais de gestion : un contrat que nous avons relu l'annonce « net de frais annuels de gestion, hors prélèvements fiscaux et sociaux ». Dans ce cas, on ne les retranche pas une seconde fois. Sur les unités de compte, les frais annuels du contrat s'appliquent à l'encours, en plus de la performance affichée par le support. La mention exacte se lit donc des deux côtés avant toute comparaison.
Autre asymétrie, de calendrier. Sur le compartiment en euros, les prélèvements sociaux sont dus chaque année sur les produits inscrits au contrat, depuis le 1er juillet 2011 (LF 2011, art. 22, V ; CSS, art. L. 136-7) : pas de rattrapage à la sortie, mais ce qui est prélevé chaque année ne capitalise plus. Sur les unités de compte, le fait générateur est le rachat ou le dénouement (CGI, art. 125-0 A, I). Le taux applicable à l'assurance vie est de 17,2 % en septembre 2026 — à revérifier, ces taux bougent.
Deux éléments relativisent enfin le caractère définitif du choix de départ : réaffecter à l'intérieur du contrat n'est pas un fait générateur d'imposition, et le délai de huit ans court depuis la souscription du contrat, pas depuis chaque versement. La sécurisation automatique des plus-values existe, mais ses seuils dépendent de chaque contrat et figurent dans sa notice.
Et vous, qu'est-ce qui a fait bouger votre curseur : une échéance, une baisse mal vécue, autre chose ?
Ces échanges ne constituent pas un conseil en investissement au sens du 5 de l'article L. 321-1 du CMF, ni une recommandation personnalisée.